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Voilà un poisson dont on ne parle pas assez à mon goût, j’ai mis du temps avant d’y voir clair. J’ai eu ou lu des informations différentes comme « ce poisson est le mâle de l’achigan »
(ce qui est faux), beaucoup de propos répulsifs à l’égard de cette espèce au premier abord sans intérêt. Lorsque nous commençons à creuser, nous découvrons un poisson des plus dignes d’intérêt. Le
« faiseur de tonnerre », comme je l’appelle dans cet article, n’est autre que le malachigan (Aplodinotus grunniens qui veut dire « simple grogneur » étymologiquement
parlant). Ce poisson porte beaucoup d’autres noms comme « thunderpumper », « gaspergou », « sheephead », « croaker » ou tambour. Il fait partie de la
famille des Scianidae, contrairement à l’achigan qui lui est un Centrarchidae. Le malachigan est le seul représentant de sa famille en eau douce, les autres représentants sont marins comme le
« red drum » et le « black drum » pour ceux très connus des pêcheurs Floridiens et pour les pêcheurs Français le maigre, l’ombrine ou le corb. Le malachigan est présent en
Amérique du Nord et en Amérique Centrale sur la moitié est du continent.
Première anecdote sur le malachigan :
Les représentants de cette famille ont la particularité d’émettre des sons, d’où son nom de tambour. Notre ami, « faiseur de tonnerre », utilise sa vessie gazeuse comme caisse de résonance (Scott et Crossman, 1974). De même qu’il est possible de l’entendre durant l’été, peut-être un petit truc pour séduire ces dames (grooaaarrr !!!), mais ceci n’est pas confirmé (ohhhhhhh !!!).
Le lieu que j’ai choisi n’est autre que le spot popularisé récemment par Cyril Chauquet (« Mordu de la pêche »), mais c’est un « enfant du pays » qui m’a parlé de la présence de ce poisson ici, à Rapide Danseur.
Records (Walden, 1964): Le plus gros malachigan répertorié avoisinait les 60 lb (cawlisssssss !!!). Des squelettes retrouvés dans des camps
indiens, indiquent des poissons pouvant atteindre le poids hallucinant de 200 lb (cawlisss de tabarnak d’estie d’saint ciboire ….. tututututututututut « mesdames, messieurs, veuillez nous
excuser pour cette interruption, mais une censure était de mise, merci de votre compréhension »). Cette masse, qui me laisse complètement
rêveur, est infirmée par Scott et Crossman (1974), malheureusement, le rêve s’arrête là, puisque ces monstres, qui datent de quelques milliers d’années avant notre ami J.-C., étaient plus petits
que 100 lb, fake nous allons nous contenter d’un bébé. Les poissons imposants, qui se prennent couramment, font dans les 20lbs, ce qui est tout à fait respectable, à mon sens (record canadien
estimé à 24 lb). Une tite info qui remonte le moral, un spécimen de 14 lb répertorié au lac Abitibi proche de chez moi (hehe).
Seconde anecdote :
Pourquoi je parlais des Amérindiens plus haut, c’est qu’ils utilisent les otolithes de ce poisson pour faire des bijoux. Ces otolithes sagittaux (à savoir que les poissons possèdent plusieurs types d’otolithe) sont de taille conséquente, parfait pour en faire des perles.
La reproduction :
La fraie a lieu de mai à juin, et ce sont des parents indignes qui ne font pas de nids et ne protègent pas leur progéniture, ce qui est quand même courant chez nos amis les poissons. Un truc intéressant, qui fait de sa reproduction un fait unique pour notre petit coin de pays, leurs œufs sont pélagiques, ils flottent (« c’tu pas malade ça !! »). Fake les œufs sont voués à la bonne volonté des mouvements d’eau (courant, action du vent…). Cela peut expliquer son aire de répartition.
La nutrition :
Le malachigan se nourrit principalement sur le fond en mangeant des écrevisses, des mollusques, parfois il monte dans la colonne d’eau pour se nourrir d’insectes et de petits poissons. Les jeunes bien sûres ont un régime alimentaire différent, basé sur de petites proies comme le zooplancton (« ouais toute qu’une proie ça ! »).
Faits divers :
Le malachigan se retrouve aussi bien en eau peu profonde que jusqu’à 60 pieds de profond. Apparemment, il n’a pas beaucoup de prédateurs capables de passer son armure d’écailles qui résiste semblerait-il même aux attaques des « lamproies vampires ». Beaucoup de pêcheurs boudent ce poisson, par contre il est exploité par les pêcheurs commerciaux, et devinés quoi, mon bon livre (Scott et Crossman, 1974) mentionne que les prises du lac Winnipeg sont vendues en grande partie pour nourrir des visons (WTF !!!!). Le fait que les pêcheurs sportifs n’affectionnent pas ce poisson m’échappe complètement, ne serait-ce que d’avoir la chance de se confronter à un véritable guerrier.
Cette section d’eaux vives, sous les yeux de la maison de dieu, correspond à la rivière Duparquet entre le lac Duparquet et le lac Abitibi.
Passage à l’acte:
Certains fondus, souffrant d’une psychose halieutique, le confrontent à la mouche. Le malachigan étant un combattant des plus rudes, au bout d’une canne à mouche ce serait une montée d’adrénaline et des sensations garanties, un jour peut-être. Pour le moment, je me concentrerai sur le baitcast et le spinning, le tout agrémenté de leurre. Pour ce qui est de la résistance des bas de lignes (fluoro évidemment), je ne descendrai pas en dessous de 10 lb de résistances pour plusieurs raisons. La première est surtout sur la puissance de ce poisson ajouté au courant peu facilement éprouvé des diamètres plus faibles. La deuxième chose est la présence de nombreuses roches, je ne voudrais pas casser à chaque accrochage. Pour la question des leurres, je pencherais pour du classique imitant des écrevisses proches du fond. C’est donc pour le Tube salé double jupe et l’Octopus principalement que j’essaierai, sur des méthodes que certains ne connaissent pas encore. De plus, j’essaierai quelques poisson-nageurs de petite taille.
Aspects techniques pour les leurres souples :
- Le plomb palette :
Le plomb palette et l’Octopus (à droite) semblent un couple tout désigné pour traquer le malachigan. Cette technique est populaire en Europe, notamment en France, mais je ne l’ai pas encore observée de ce côté de l’Atlantique, et moi-même, je ne l’ai que très peu exploitée. C’est donc l’occasion pour moi
de me faire la main et de vous la présenter. Le montage est assez simple quoiqu’un point négatif à mes yeux, c’est qu’une fois montée, faut démonter pour changer de leurre ou de couleur et en
plus il faut « taponner » un peu pour le montage. L’Octopus est une imitation de petit « poulpe » qui est proposé en de nombreux coloris. Pour effectuer un bon montage, on a
besoin d’un bas de ligne, d’un hameçon triple adapté à la taille du leurre, d’une petite gaine de plastique, d’une ou deux perles, d’un plomb rond fendu et du fameux plomb palette. Tout d’abord,
on fixe l’hameçon à l’extrémité du bas de ligne avec un bon nœud (cela va de soit), le Palomar apparaît comme un bon compromis. La gaine doit être enfilée sur le bas de ligne jusqu’à recouvrir la
hampe de l’hameçon. L’Octopus, cette petite pieuvre aux couleurs exotiques, est placé au niveau de l’hameçon suivi d’une ou deux perles de couleurs (au choix) et nous plaçons le petit plomb rond
fendu quelques centimètres au-dessus du leurre. Le plomb palette est enfilé et laissé libre sur le bas de ligne. Rattaché le bas de ligne monté au corps de ligne et c’est parti, les malachigans
n’ont qu’à bien se tenir. Pour le maniement, il faut tricoter un peu et jouer de la canne. Personnellement, le plan de départ va être de gratter le fond pour aller chercher le poisson dans sa
zone de confort pour son alimentation.
Le montage plomb palette avec un Octopus de 60 mm rouge et blanc pailletés, un hameçon triple n°6, deux perles roses, un plomb fendu et le plomb palette. Ici, j’ai retaillé le plomb palette pour une utilisation sur la glace avec des cannes légères.
Une méthode qui peut très bien s’utiliser pour la recherche du doré et de l’achigan. Cette technique est souvent utilisée comme « sauve bredouille » et fait des miracles sur les circuits de compétition Français. La technique du plomb palette a été a été développée et inventée par Christian Cochard pour la traque du sandre en Europe. En France, cette méthode fait fureur non seulement sur les sandres, mais aussi sur les belles perches.
- Le tube :
Les tubes (à droite) sont des imitations excellentes de l’écrevisse, l’une des proies principales du tambour. Ce leurre est déjà très largement utilisé
pour la pêche de l’achigan à grande et petite bouche. Les montages courant pour ce leurre sont le Texan et la tête plombée à tube qui s’enfile par l’intérieur du leurre. Pour l’intensité du
courant qui est présent à Rapide Danseur, je voulais alourdir tout ça, j’opte donc pour le « carolina rig ». Un montage assez simple avec un plomb balle, suivi d’une perle et d’un
émerillon tournant pour éviter les vrilles. Ensuite, un bas de ligne relié à un hameçon texan. Nous pourrons ajouter une chambre bruiteuse spéciale pour les tubes en Texan. Le
« carolina » est une excellente méthode pour couvrir du terrain rapidement et localisé le poisson, une méthode que nous pourrions classer dans le « power fishing », quoique
plus fine du point de vue de l’animation comparé à un « spinnerbait », mettons. Comme mentionné plus haut, le but est une présentation sur le fond, rappelant le passage d’une
écrevisse.
Les leurres durs que j’essaie pour cette pêche :
Un aspect avantageux des leurres
durs est basé sur l’utilisation de leur bavette qui peut les faire plonger rapidement afin d’atteindre la profondeur désirée pour des poids très légers. De plus, les billes internes de certains
de ces leurres sont un plus pour faciliter la vie de nos prédateurs à les cibler, évidemment parfois il faut chercher plus de discrétion. Ici je vais
utiliser des leurres Sébile avec le Rattsler, le Flattshad, le Koolie minnow et le Crankster. Le Flattshad est un « crankbait lipless » de 54 mm coulants, nous pourrions parler de
« rattling ». C’est un leurre qui émet beaucoup de vibration. Il m’accompagne dans chacune de mes parties de pêche, dans ses tailles variant du 54 au 124 mm. Le Koolie minnow
« long lip » en 76 mm pour une plongée profonde. Un leurre particulièrement intéressant pour la technique de « bottom tapping », en allant rebondir sur le fond, ça touche,
nous laissons le leurre remonté. J’utilise cette technique plus sur un secteur calme. Le Rattsler dans sa version « small lip » de 65 mm est un « crankbait » qui brasse
beaucoup d’eau due à sa forme haute. Et enfin, le crankster qui est un crankbait possédant une grosse bille à l’intérieur émettant des sons puissants. Voilà qui conclut l’ensemble du matériel que
je veux tester et qui, je le souhaite me permettra de lever un malachigan monstre. Vous avez trouvé ces photo de mauvais goût et puéril, c'est vrai !
Les réussites en images :
Un combat du feu de dieu, vraiment des plus interessant, qui vous demandera du bras et du travail. Je conseil ce poisson a tous et de toute urgence, c'est une montée d'adrénaline assurée !!!!
